Renault et Nissan scelleront-ils leur alliance avec l’accord du gouvernement français ?

Après huit mois de crise, le constructeur automobile japonais Nissan et le gouvernement français ont trouvé un compromis pour encadrer l’influence de l’Etat au sein de Renault. Un accord qui maintient les droits de vote double de l’Etat, mais qui établit un contrat prévoyant que ceux-ci ne seront utilisés que dans des cas exceptionnels.

Le PDG de Renault et Nissan, Carlos Ghosn, a évoqué par exemple les dossiers relatifs à des fusions, des cessions importantes ou de manière générale des choses qui remettent en cause la présence de Renault en France. Dans les autres cas, un plafonnement des droits de vote de l’Etat à 17,9 % sera mis en place, portés jusqu’à 20 % en cas de quorum inhabituellement élevé à l’assemblée générale des actionnaires.

Cet accord mûrement réfléchi doit encore être finalisé sur certains volets techniques, mais il n’y a pas de débat sur le fait qu’il y a une volonté ferme de mettre tout cela derrière nous et d’aller de l’avant, a martelé M. Ghosn. Alors que les résultats des ventes et marchés sont en baisse pour Renault et Nissan, leur alliance peut-elle être révolutionnée par cet accord ?

Quelles sont les conséquences pour Renault et Nissan ?

L’accord entre Renault, Nissan et le gouvernement français peut-il permettre aux entreprises automobiles françaises et japonaises d’améliorer leurs performances ? La réponse à cette question dépendra grandement des efforts conjoints que les parties engageront pour exploiter pleinement les avantages offerts par cet accord.

Le PDG Carlos Ghosn a souligné que les gains potentiels pourraient être significatifs si Renault et Nissan travaillent ensemble sur un large éventail de sujets clés tels que la numérisation des voyages, la transition vers le gaz et l’électricité, l’hydrogène et la technologie nucléaire. En outre, Ghosn a noté que la fusion prochaine entre Stellantis (la fusion entre Fiat Chrysler Automobiles et PSA) et Volkswagen-Seat-Skoda représente une opportunité unique pour renforcer la position concurrentielle globale des entreprises automobiles française et japonaise sur le marché européen.

De plus, M.Ghosn pense qu’un partenariat plus étroit entre Renault et Nissan permettrait aux entreprises d’accroître leurs efforts pour soutenir les ONG humanitaires à travers le monde ainsi que pour promouvoir l’habillement durable. De plus, M.Ghosn croit que la collaboration accrue entre Renault et Nissan permettrait aux entreprises d’améliorer leurs taux d’approvisionnement grâce aux systèmes informatisés modernes conçus pour optimiser l’utilisation des ressources existantes.

Comment l’accord va-t-il changer le rôle du gouvernement français ?

Selon M. Ghosn, l’accord conclu entre Renault, Nissan et le gouvernement français limite considérablement la participation directe du gouvernement à la gestion quotidienne des affaires courantes des entreprises automobiles française et japonaise. Cependant, ce nouvel accord ne signifie pas que le gouvernement français est complètement exclu du processus décisionnel au sein de Renault ou Nissan.

En effet, Mme Le Graët (ministre chargée des participations publiques) a souligné que le gouvernement français demeurerait un acteur important au sein du groupe automobile international Hopium (la fusion entre Renault et Nissan). Elle a également affirmé que ce nouvel accord permettrait au gouvernement français d’exercer son influence sans interférer dans les affaires courantes du groupe automobile international Hopium. Enfin elle a souligné que ce nouvel accord garantissait aux actionnaires minoritaires une plus grande transparence quant aux activités du groupe automobile international Hopium.

Quels sont les impacts possibles sur la stratégie européenne/internationale ?

Lorsque Macron avait annoncé son ambition de faire de Paris une capitale européenne du numérique en 2020 il y avait beaucoup d’incertitude quant à savoir si cette ambition serait réalisable. Cependant, ce nouvel accord est susceptible d’accroître considérablement les chances qu’un tel objectif soit atteint car il va donner aux entreprises automobiles française et japonaise une plus grande latitude pour investir massivement dans les technologies numériques à Paris afin d’amplifier la compétitivité européenne sur le plan international.

De plus, ce nouvel accord favorisera une plus grande collaboration entre PSA/Fiat Chrysler Automobiles (FCA), Volkswagen/Seat/Skoda (VWS) et Hopium (la fusion entre Renault/Nissan). Cela aura certainement un impact positif sur la stratégie européenne/internationale car il permettra aux trois groupes automobiles européens leaders (PSA/FCA + VW/Seat/Skoda + Hopium) de mener conjointement une offensive massive contre les fabricants asiatiques tels que Toyota ou Hyundai qui dominent actuellement les marchés asiatiques (notamment chinois).

Quel est le rôle du marché chinois ?

Le marché chinois est considérablement important pour les fabricants automobiles européens car il représente actuellement près de 30 % des ventes totales mondiales dans ce secteur industriel très compétitif. Dans ce contexte, il est capital pour Renault/Nissan/Hopium (ainsi que PSA/FCA + VW/Seat/Skoda) d’investir massivement dans ce marché afin d’amplifier sa présence locale afin d’être plus compétitif face à ses principaux concurrents asiatiques qui y sont installés depuis longtemps (Toyota + Hyundai).

Lorsque Mme Le Graët a annoncé ce nouvel accord elle a soulignée qu’un tel investissement serait possible grâce à une meilleure coordination entre PSA/FCA + VW/Seat/Skoda + Hopium qui permettrait aux groupes automobiles européens leaders d’offrir une gamme complète de produits automobiles innovants adaptée aux besoins spécifiques du marché chinois tout en optimisant massivement ses coûts globaux grâce à une meilleure utilisation collective des ressources disponibles sur place (notamment en termes infrastructure logistique).

Quelle est votre opinion personnelle ?

Selon moi, cet accord est très positif car il permet non seulement aux principaux actionnaires publics (l’Etat Français) et privés (Carlos Ghosn) de trouver un terrain d’entente acceptable mais il offrira également aux actionnaires minoritaires une plus grande transparence quant aux activités du groupe automobile international Hopium (la fusion entre