Grande distribution: le vif débat qui oppose députés, industriels et distributeurs

C’est un bras de fer qui promet de durer encore plusieurs jours. La semaine dernière, le député Renaissance du Val-d’Oise, Frédéric Descrozaille, a provoqué la colère des industriels de la grande distribution avec un projet de loi visant à sécuriser l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation. Carrefour City, Rose et Balthazar, Show-Room ou encore Lidl sont au cœur d’un débat qui oppose députés, industriels et distributeurs concernant le prix des produits alimentaires mais aussi des vêtements. Quel est l’enjeu? Quelle est la position du gouvernement? Comment les clients peuvent-ils être impactés? La Dépêche fait le point.

Aux sources du conflit : un article du projet de loi

L’article 3 de cette proposition de loi, qui vise à sécuriser l’approvisionnement des Français en produits de grande consommation, veut donner plus de poids aux industriels de l’agroalimentaire lors des négociations annuelles avec les enseignes. Celle-ci doit être examinée en début de semaine par l’Assemblée nationale, après plusieurs jours d’échanges animés par communiqués de presse interposés entre industriels et supermarchés.

Principal point de crispation : la proposition prévoyait dans sa version initiale qu’en l’absence d’accord au 1er mars prochain, date butoir des négociations, toute commande effectuée par le distributeur s’effectuerait aux conditions générales de vente demandées par le fournisseur au début des discussions. Autrement dit, si les négociations entre distributeurs et fournisseurs n’aboutissent pas, c’est donc le tarif fournisseur qui s’applique.

Finalement, les députés ont modifié mercredi cet article.

Quelle est la position du gouvernement ?

Le gouvernement ne prend pas parti pour l’instant et se contente d’appeler à une nouvelle négociation entre industriels et distributeurs. En effet, cette proposition se veut avant tout comme une incitation à trouver un compromis entre les différents acteurs. Le Ministère intervient surtout pour rappeler que les prix doivent être fixés librement par les parties concernées.

Le Premier ministre Jean Castex a appelé jeudi à une « collaboration responsable » entre les différents acteurs sur cette question sensible. Il a également rappelé que la hausse des prix « affolante » constatée durant ces derniers mois ne devrait pas continuer.

Comment les clients peuvent-ils être impactés ?

Les clients peuvent voir leurs paniers augmenter considérablement si la hausse des prix demandée par les fournisseurs venait à être appliquée. Selon certaines sources, un lot composés de pâtes, fromage et café pourrait voir son prix augmenter jusqu’à 20 %.

De manière générale, ce type de conflit impactera directement le budget des familles françaises puisque beaucoup d’aliments basiques comme les produits frais ou encore certains produits secs sont achetés régulièrement.

Quelles solutions alternatives ?

Des mairies commencent à proposer aux familles des solutions alternatives pour pallier à ce problème. A Maubourguet (65), par exemple, une brocante alimentaire solidaire va ouvrir ses portes le midi durant toute la semaine pour permettre aux familles inscrites à un tarif préférentiel d’avoir accès à des produits alimentaires frais et variés.

« Nous avons crée ce dispositif afin que chacun puisse avoir accès à une alimentation saine et variée sans pour autant se ruiner », explique Laurent Bonneton, maire LREM de Maubourguet.

De nombreuses initiatives solidaires fleurissent sur Twitter ces temps-ci afin que chacun puisse trouver une solution adaptée à son budget et son mode de vie.

Conclusion

La situation actuelle est complexe car elle met face à face trois parties difficiles à concilier : les distributeurs qui veulent maintenir un bon rapport qualité / prix pour attirer toujours plus de clients ; les fournisseurs qui veulent obtenir une meilleure part du gâteau ; et enfin le gouvernement qui souhaite freiner la hausse affolante des prix.

Cependant, heureusement il existe également beaucoup d’initiatives solidaires permettant aux familles modestes ou aux personnes isolées d’avoir accès à une alimentation saine sans se ruiner. Cette situation met en exergue l’importance du temps réel et du temps continu pour prendre en compte tous les aspects pratiques liés à la consommation et à la politique entreprises / familles.

Malgré ce vif débat qui oppose députés, industriels et distributeurs autour des prix explosifs et des menaces de la grande distribution, la marque Renault traverse une quatrième année de baisse des ventes. Cependant, le constructeur automobile s’accroche à l’optimisme pour 2023 et veut se relever de cette spirale négative.